Photographie numérique et comportement artistique.
J’ai souvent entendu ces mots : « la fin justifie les moyens ».
En les disant je réalise un faux problème que beaucoup se posent. De la photographie numérique et la photographie argentique, l’une est elle plus noble que
l’autre ?
Pour moi non.
J’aime me battre contre les idées reçues…
Les techniques numériques ont démontré leur intérêt pour l’activité professionnelle, de la publicité au reportage, de même que dans l’application familiale et les
loisirs, je passe sur les arguments là n’est pas le propos.
La photographie argentique resterait alors la technique de choix dans le domaine de l’image d’art.
Certains défendent la technicité et la complexité du traitement dans l’élaboration du tirage argentique, évoquent la sensualité volatile de la chimie du
développement… Mais il me semble que beaucoup de grands photographes avaient et ont leur tireur dédié… Beaucoup pensent que pour réaliser un tirage numérique il suffit d’appuyer sur un ou deux
boutons…
Je pense que la technique argentique apporte une discipline, un mode de raisonnement dans l’élaboration de l’image… Une forme de sagesse qui fait que, si on la
respecte, une image d’art peut aussi naître d’un capteur numérique.
L’art se définit comme un choix, une relation avec l’image, le reste est de l’ordre du « moyen ».
Je suis donc convaincu que ces deux façons de photographier sauront toujours coexister.
Voilà bientôt dix ans que je bricole sans obtenir le résultat que je désire, en argentique comme en numérique. Et si je suis satisfait à présent, ce n’est pas en
rapport avec le choix de la technologie photographique, c’est tout simplement que mon rapport à l’image a évolué, et que je sais ce que je veux.
Chacun s’accorde à dire que la photographie ne se limite pas à la prise de vue, alléluia !
A partir de quoi peut-on dire d’une image qu’elle est une photographie d’art ?
La qualité de son tirage est le principal critère pour beaucoup, le rapport que l’auteur entretient avec son image en est un autre également très important.
Je parle du respect, de l’amour, d’un besoin, d’une logique créatrice, que le photographe a, ou devrait avoir.
Cette considération pour ces images, et le besoin d’entrer en intimité avec elles, m’a conduit à prendre les résolutions suivantes :
J’ouvre à ce jour un registre des mes images d’art.
Chaque image issue d’une séance photo sera définie par son titre, le lieu et la date de prise de vue, les fichiers non retenus seront
détruits.
Je définirai le nombre de tirage, limité de cinq à vingt tout formats confondus pour chacune, selon leur importance à mes yeux.
Je conserverai les fichiers bruts et traités pendant cinq ans, passé ce délai, la série sera entièrement tirée si ce n’est pas encore le cas.
Je ferai réaliser un shoot de chaque fichier afin d’en conserver un négatif, et je détruirai toute trace numérique de ces images.
A partir du négatif je réaliserai au maximum quatre épreuves en baryté, dont deux seront destinées à chacun de mes enfants.
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